Histoire du Québec

Émancipation coloniale, les causes de son inachèvement

Publié le

Topo

On s’interrogera sans doute sur l’idée même de ce « regard clinique » sur les causes de l’inachèvement des projets d’émancipation coloniale de 1837 et de 1838 au Bas-Canada. Un regard clinique n’est pas une autopsie ! Le propos est d’identifier, de pondérer et de hiérarchiser ces causes. [source]


Balado



Les aspirations des familles québécoises, de 1959 à 2013

Publié le Mis à jour le

Topo

[Entrevue avec Simon Langlois]
Les aspirations des familles caractérisent ce qui est jugé désirable pour le bien-être de leurs membres une fois satisfaits les besoins de base. Les biens et services désirés doivent être perçus comme étant accessibles. L’examen des données de trois enquêtes comparables menées au Québec en 1959, 1977 et 2013 permet la comparaison dans le temps des aspirations des familles. La hausse des revenus familiaux durant les Trente glorieuses et le desserrement considérable des contraintes sociales et économiques dans les années 1960 et 1970 avec l’avènement de l’État providence ont rendu possible l’extension notable des aspirations. Les choses ont changé par la suite dans les années 1980 et l’inquiétude a gagné bon nombre de familles, principalement de classes moyennes. La part des familles et des ménages, notamment ceux formés de personnes vivant seules, incapables de satisfaire leurs besoins de base et incapables d’entrer dans l’univers des aspirations, a augmenté. Cela s’explique par des causes exogènes (pressions à la baisse sur les revenus, hausse des inégalités notamment) mais aussi par des causes endogènes en lien avec les modes de vie (hausse de la vie en solitaire, divorce, etc.). Le sentiment d’exclusion risque de s’accentuer dans notre société dans les années à venir. [source]


Balado


Vidéo


Voix d’esclaves autochtones et d’esclavagistes

Publié le

Topo

L’affaire Constant se prête à merveille à l’analyse intersectionnelle qui invite à penser la pluralité des formes et des logiques de domination (en particulier sexe, race et classe) et la complexité de leurs articulations. En effet, elle révèle les dynamiques de pouvoir qui régissent la maison entièrement féminine dans laquelle est perpétré le crime d’un esclave panis en 1757. Mais surtout, au-delà de la vérité pérenne et tragique – et pourtant si souvent invisibilisée – qu’elle révèle de l’esclavage autochtone à Montréal et en Nouvelle-France, elle permet « d’entendre » les voix des esclaves autochtones et de prendre la mesure de leur agentivité (ou horizon d’action pensé et vécu). [source]


Balado


Vidéo


Du théâtre en famille avec Félix-Gabriel Marchand

Publié le Mis à jour le

Topo

À la fin du XIXe siècle, la famille de Félix-Gabriel Marchand, journaliste et homme politique, organise des représentations théâtrales au profit d’oeuvres de charité, à Saint-Jean, Québec ou Ottawa. Pour ces représentations, Félix- Gabriel lui-même et sa fille Joséphine écrivent plusieurs proverbes dramatiques qui, une fois publiés, sont diffusés largement et repris dans les autres régions du pays. À partir du cas des Marchand, dont l’activité s’étend sur trois générations, le présent article étudie la pratique du théâtre de société à la fois comme forme de socialité spécifique et comme esthétique particulière pratiquée par les amateurs. [source]


Balado


Vidéo


Tit-Coq de Gratien Gélinas (1948)

Publié le Mis à jour le

Topo

Dès sa création en 1948, Tit-Coq de Gratien Gélinas est reçu non seulement comme la « première » pièce de son auteur, mais aussi comme l’acte de naissance du théâtre canadien-français. Or, la pièce elle-même, comme son auteur, tire profit d’une certaine tradition théâtrale, largement antérieure, qui se trouve ainsi reniée. Néanmoins au fil de la réception critique (dramatique et littéraire) s’imposera cette idée d’un acte fondateur qui, dans le contexte des débats esthétiques de l’époque, va favoriser pour la première fois l’intégration du théâtre et des textes dramatiques dans l’histoire littéraire. [source]


Balado


Vidéo


Robert Bourassa et la culture

Publié le

Topo

Slogan électoral ou politique culturelle? La souveraineté culturelle mise de l’avant par le premier ministre Robert Bourassa a suscité d’importants débats à caractère politique, social et culturel au cours des deux mandats du gouvernement libéral, de 1970 à 1976. Ce débat met à l’avant-scène différents acteurs: deux ministres du gouvernement Bourassa – Jean-Paul L’Allier aux Communications et Denis Hardy aux Affaires culturelles –, des membres de l’opposition à Québec, le ministre Gérard Pelletier au niveau fédéral et un regroupement issu de la société civile, le Tribunal de la culture, présidé par l’anthropologue Marcel Rioux. En relation avec ce débat se profile un élargissement de la notion même de culture qui ne se limite plus aux arts, aux lettres et au patrimoine. La recherche d’une politique culturelle pour le Québec est ainsi étroitement liée à l’affirmation d’une politique des communications, laquelle soulève des obstacles constitutionnels avec le gouvernement fédéral. [source]


Balado


Vidéo


Louis-Joseph Papineau et ses détracteurs

Publié le

Topo

Après 1834, les nombreux textes dédiés à Papineau le personnifient sous les traits d’un révolutionnaire français, parfois même de Robespierre, témoignent de la vigueur de la tradition anti-jacobine au Bas-Canada. Dans tous les cas, la figure de Papineau vient à incarner certains prototypes bien établis dans l’univers discursif de l’époque que les intervenants brandissent pour susciter la réaction du lecteur en renvoyant des images et des références historiques déjà très familières. [source]


Balado


Vidéo


Le coup d’État manqué de 1869

Publié le

Topo

En décembre 1869, un épisode peu connu s’est déroulé dans les coulisses de l’Assemblée législative à Québec. Il illustre la grande peur que certains Anglo-Protestants de cette époque entretenaient face à la majorité francophone. Le fragile gouvernement Chauveau a alors subi l’assaut d’un petit groupe de conservateurs anglos-montréalais qui souhaitaient prendre le contrôle de l’État québécois naissant et ramener la capitale de Québec à Montréal. George-Étienne Cartier et Pierre-Joseph-Olivier Chauveau sont parvenus à étouffer cette fronde et à rassurer l’opinion quant à l’avenir de la cité de Champlain comme capitale de la province de Québec. [source]


Balado


Vidéo


Papineau et la violence

Publié le Mis à jour le

Topo

La liberté vaut-elle qu’on verse une goutte de sang pour elle, demandait Daniel O’Connell ? Quel fut le rapport de Papineau à la violence, aux armes, à la prise d’armes ? À partir de ses positions sur le système seigneurial, les relations ethniques, la langue et la religion, l’analyse scrute l’outillage mental à partir duquel le leader patriote pouvait penser la radicalité physique. Les conflits locaux exacerbés étaient-ils recevables, reçus par le Parti patriote et par Papineau ? L’historien Yvan Lamonde tente de répondre à toutes ces questions. [source]


Balado


Vidéo

« J’ai pensé à vous », cartes postales et artisanat textile

Publié le

Topo

On connaît surtout la carte postale comme expression d’une pensée adressée à un proche à l’occasion d’un voyage, d’où son association avec le tourisme. D’abord pour la correspondance d’affaire, la carte postale sert souvent d’outil publicitaire en étant produite par des boutiques, des ateliers ou des sites à visiter; des produits sont ainsi promus, notamment comme souvenirs à rapporter. Certaines cartes mettent en valeur l’artisanat textile; elles retiennent ici notre attention. [source]


Balado


Vidéo


Diocèses, leur impact sur la société canadienne française

Publié le Mis à jour le

Topo

Il n’est pas possible de comprendre, encore moins d’évaluer, l’importance contemporaine de l’Église catholique au Canada français, sans évoquer le passé. La société canadienne-française a été, depuis les débuts même de son établissement, à tel point circonscrite, contenue et dominée tout entière par le clergé et les chefs ecclésiastiques, que son histoire se confond en tout point avec celle de l’Église canadienne.


Vidéos

Le devoir de mémoire face au passé religieux du Québec

Il existe un devoir de mémoire face à la culture religieuse du Québec d’avant la Révolution tranquille. Dans un contexte où la tendance est à revisiter le passé, voire à le réécrire, il importe de se remémorer les faits pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils devraient être. Le sociologue Fernand Harvey explique en quoi consistait la structure paroissiale au Québec et qu’elle rôle elle a joué dans l’identité des canadiens-français.


Le rôle du diocèse dans la société canadienne française

On se souvient de la remarque fameuse de l’historien américain Parkman : « Un grand fait se détache en plein relief dans l’histoire du Canada, c’est l’Église de Rome. Plus encore que la puissance royale, elle a modelé le caractère et le destin de cette colonie. Elle a été sa nourrice, et, pour tout dire, sa mère. » L’histoire du Canada français, c’est l’histoire de l’Église au Canada, et réciproquement. [source]


Le rôle du diocèse dans la vie économique

Jusque vers la fin des années 40, l’Église tenta d’implanter au Québec un modèle d’organisation économico-sociale fortement inspiré du modèle corporatiste décrit dans l’encyclique Quadragesimo Anno de Pie XI, et fondé sur le postulat que l’économie doive être organisée comme une grande famille au sein de laquelle chaque élément a un rôle indispensable et complémentaire à remplir. [source]


Un héritage religieux en perdition

Publié le Mis à jour le


Il faut aborder le patrimoine religieux en tant que lieu de mémoire, de support et de médiation de l’expérience et de la foi religieuses, ainsi que de transmission du sens et des valeurs. Le patrimoine religieux est donc constitué de biens immobiliers, mobiliers ou archivistiques qui appartiennent ou ont appartenu à une église ou à une tradition religieuse, qui lui sont reliés ou l’ont été dans le passé. Ces biens ont été constitués, construits, fabriqués ou acquis dans le contexte des fonctions inhérentes ou corollaires à la mission religieuse, institutionnelle ou sociale de leur propriétaire ou à des fins de témoignage. [source]

© Photo|Société, 2020 / Réalisation : Pierre Fraser


Le rôle du diocèse dans la vie économique du Québec

Publié le Mis à jour le


Topo

Jusque vers la fin des années 40, l’Église tenta d’implanter au Québec un modèle d’organisation économico-sociale fortement inspiré du modèle corporatiste décrit dans l’encyclique Quadragesimo Anno de Pie XI, et fondé sur le postulat que l’économie doive être organisée comme une grande famille au sein de laquelle chaque élément a un rôle indispensable et complémentaire à remplir. [source]


Balado


Vidéo

© Photo|Société / Réalisation : Pierre Fraser (Ph. D.)


Un patrimoine religieux en héritage

Publié le Mis à jour le


Depuis la fin du XXe siècle, le patrimoine religieux, qui avait historiquement rayonné dans les sociétés occidentales chrétiennes, est considéré en crise. Les spécialistes mettent en garde contre les risques de disparition, de dispersion et de dissociation des biens du clergé. Au Québec, cette situation touche particulièrement l’Église catholique, dont le patrimoine religieux est le patrimoine le plus ancien et le plus riche du Québec, plus particulièrement pour les francophones catholiques qui constituent 85 % de la population. [source]

© Photo|Société, 2020 / Réalisation : Pierre Fraser


Le rôle du diocèse dans la société canadienne française

Publié le Mis à jour le


Il n’est pas possible de comprendre, encore moins d’évaluer, l’importance contemporaine de l’Église catholique au Canada français, sans évoquer le passé. La société canadienne-française a été, depuis les débuts même de son établissement, à tel point circonscrite, contenue et dominée tout entière par le clergé et les chefs ecclésiastiques, que son histoire se confond en tout point avec celle de l’Église canadienne. On se souvient de la remarque fameuse de l’historien américain Parkman : « Un grand fait se détache en plein relief dans l’histoire du Canada, c’est l’Église de Rome. Plus encore que la puissance royale, elle a modelé le caractère et le destin de cette colonie. Elle a été sa nourrice, et, pour tout dire, sa mère. » L’histoire du Canada français, c’est l’histoire de l’Église au Canada, et réciproquement. [source]

© Photo|Société, 2020 / Réalisation : Pierre Fraser (Ph. D.)


Voix des esclaves autochtones et des esclavagistes

Publié le Mis à jour le

L’historienne Dominique Deslandres a mis au jour un cas troublant : le procès intenté à un esclave autochtone nommé Constant, accusé d’intrusion dans la maison entièrement féminine de madame de Saint Pierre, une propriétaire d’esclaves habitant rue Notre-Dame, à Montréal en 1757.

 Version balado

Dominique Deslandres poursuit ses recherches sur la culture judiciaire sous le régime français en explorant les riches archives de la juridiction royale de Montréal. L’enquête en cours révèle que la présence au tribunal du roi d’autochtones, libres ou asservis, est beaucoup plus consistante qu’on ne l’a dit jusqu’à présent. C’est ainsi qu’elle a mis au jour un cas troublant : le procès intenté à un esclave autochtone nommé Constant, accusé d’intrusion dans la maison entièrement féminine de madame de Saint Pierre, une propriétaire d’esclaves habitant rue Notre-Dame, à Montréal en 1757. Le présent article adopte la perspective de l’histoire intersectionnelle en examinant les dynamiques de pouvoir à l’oeuvre dans ce procès, mais aussi dans la maison où se produit le crime. D’une part, il montre comment s’articulent les logiques de domination liées à la race, au sexe et au statut social. D’autre part, grâce aux verbatim des interrogatoires et des témoignages, il donne à entendre les voix des protagonistes et tente de prendre la mesure de leur horizon d’action pensé et vécu (agentivité), à l’intérieur de l’institution servile qui caractérise la société coloniale.

© Société des Dix, réalisation Pierre Fraser, 2020