histoire

Jeanne d’Arc au Nouveau Monde

Publié le Mis à jour le


Topo

L’historien Gilles Gallichan souligne à quel point Jeanne d’Arc, la célèbre Pucelle d’Orléans, a connu un destin historique peu commun. Le Canada français l’a découverte au tournant du siècle par la presse, par une abondante littérature, par le théâtre et par les chansons. Le clergé catholique a fait d’elle un idéal patriotique. Dès lors, son image a été annexée au nationalisme et à la défense des droits linguistiques et religieux des Canadiens-français. Le féminisme s’en est aussi emparé, le prénom « Jeanne-d’Arc » s’est popularisé et on lui a érigé des monuments et, dans les églises, on a offert ses statues à la dévotion populaire.  [source]


Balado

Jeanne d’Arc au Nouveau Monde


Vidéos

Jeanne d’Arc et la culture populaire au Québec

Comme une série d’images d’Épinal, l’épopée de Jeanne d’Arc s’est inscrite profondément dans l’imaginaire collectif. Sa figure a alimenté la culture populaire et les idéologies, elle a inspiré les écrivains, les compositeurs, les cinéastes, les artistes et elle porte l’idéal du patriotisme français depuis plus de deux siècles. [source]


Jeanne d’Arc arrive en Amérique

Lorsque Rome a attribué à Jeanne d’Arc les titres de «vénérable», de «bienheureuse», puis de «sainte», son histoire, en Amérique, et particulièrement au Canada français, a alors rejoint le discours sur l’identité, sur la langue, sur les racines françaises du Canada, sur la résistance à l’assimilation et sur la force des humbles. Jeanne pouvait inspirer les femmes luttant pour leurs droits, elle pouvait susciter des vocations dédiées au service, redonner aussi du courage aux soldats en temps de guerre. [source]


Jeanne d’Arc et la patriotisme canadien-français

« Notre patriotisme n’est-il pas un peu endormi ? Sans doute, par moment, il sursaute et a de brusques réveils, mais ce n’est pas assez; il lui faut une force étrangère, puissante pour le conduire à une victoire définitive. Que Jeanne d’Arc soit cette force permanente, cette âme immortelle qui groupe nos énergies et nous conduise sous l’étendard de Marie et de notre patrie jusqu’au bout. » (Leçon de patriotisme – Jeanne d’Arc, Le Droit, Ottawa, 22 mai 1920, p. 3.) [source]


Jeanne d’Arc, un prénom populaire au Québec

L’un des signes tangibles de la popularité de Jeanne d’Arc au sein de la société canadienne et québécoise, en particulier du côté des femmes, est l’apparition et la multiplication des prénoms «Jeanne » et «Jeanne d’Arc» données aux petites filles nées dans les premières décennies du XXe siècle. Au Québec, on adopte d’emblée le prénom «Jeanne-d’Arc», fort inusité aux oreilles françaises. Entre 1910 et 1930, les Jeanne-d’Arc se hissent au deuxième rang des prénoms féminins québécois les plus populaires après Rita.


Jeanne d’Arc et les femmes du Québec

Alors que l’Église porte Jeanne d’Arc comme un modèle idéalisé et sanctifié, le clergé tient un discours très conservateur sur le rôle des femmes. Au lendemain de la Guerre de 1914, les femmes réclament des droits politiques et juridiques. Pendant la guerre, plusieurs femmes sont sorties de la sphère privée et ont investi, plus que jamais auparavant, le marché du travail. L’Église ajuste en conséquence son discours pour ramener à l’ordre les femmes émancipées et revendicatrices, les féministes, les viragos et les suffragettes. [source]


Jeanne d’Arc, une image sublimée

Quand Jeanne d’Arc fut célébrée par le cinéma, l’opéra et le théâtre, le public a été au rendez-vous avec un élan remarquable. Lorsqu’un cardinal archevêque de Québec est devenu légat papal pour l’honorer jusqu’en France, les Canadiens français en ont ressenti un moment de grande fierté. Jeanne d’Arc a ainsi représenté une forme de rédemption de l’histoire.


Jeanne d’Arc, une popularité en déclin dès 1960

Avec le déclin de la pratique religieuse, Jeanne d’Arc est devenue plus folklorique. Par exemple, dans les débats parlementaires postérieurs aux années 1960, on évoque Jeanne d’Arc pour se moquer d’un adversaire «inspiré» qui entendrait «des voix». Les caricaturistes se servent de Jeanne pour illustrer une femme politique sacrifiée sur le bûcher de ses idéaux. Jeanne d’Arc n’a pas été, comme en France, l’objet de disputes idéologiques, mais elle fascine toujours, par sa force et sa détermination. [source]

Robert Bourassa et la culture au Québec, 1970-1976

Publié le Mis à jour le

Slogan électoral ou politique culturelle ? La souveraineté culturelle mise de l’avant par le premier ministre Robert Bourassa a suscité d’importants débats à caractère politique, social et culturel au cours des deux mandats du gouvernement libéral, de 1970 à 1976. Ce débat met à l’avant-scène différents acteurs : deux ministres du gouvernement Bourassa — Jean-Paul L’Allier aux Communications et Denis Hardy aux Affaires culturelles —, des membres de l’opposition à Québec, le ministre Gérard Pelletier au niveau fédéral et un regroupement issu de la société civile, le Tribunal de la culture, présidé par l’anthropologue Marcel Rioux. En relation avec ce débat se profile un élargissement de la notion même de culture qui ne se limite plus aux arts, aux lettres et au patrimoine. La recherche d’une politique culturelle pour le Québec est ainsi étroitement liée à l’affirmation d’une politique des communications, laquelle soulève des obstacles constitutionnels avec le gouvernement fédéral.

© Réalisation, Pierre Fraser (Ph. D.), sociologue et cinéaste, 2019
© Production, La Société des Dix, 2019

J’ai la mémoire qui tourne — Rituels, modernisation et fierté

Publié le Mis à jour le

« J’ai la mémoire qui tourne » est une série télévisée de 12 émissions, réparties en 3 saisons de 4 émissions chacune2. Il s’agit de documentaires de 46 minutes, réalisés à partir de « films de famille », c’est-à-dire tournés au sein de familles québécoises entre les années 1920 et 1980, recueillis et mis en forme par les Productions de la Ruelle, diffusés sur la chaine Historia de 2009 à 2011, et disponibles depuis lors sur Internet ainsi qu’en DVD.

Dans le communiqué de presse annonçant qu’elle venait de recevoir le prix Pierre-Burton du Gouverneur général en 2012, la série a été qualifiée d’emblématique. En 2009 elle a remporté le Grand Prix Boomerang (d’Infopresse), catégorie Site Média, ainsi que cinq nominations aux Prix Gémeaux en 2009. Elle a été, depuis le début, utilisée dans l’enseignement, tant au primaire, au secondaire qu’à l’université, et l’est encore. La première saison aurait retenu l’attention de 180 000 à 200 000 téléspectateurs « lors de sa première diffusion » à la chaine Historia3.

Cette visibilité et ce rayonnement ont piqué ma curiosité. Cette « mémoire qui tourne » est une mémoire visuelle. Une mémoire en images. Quelles sont ses lignes de force ? Comment se construit une mémoire collective à partir de films de famille ? Quelles images retient-on et comment les structure-t-on ? Quels commentaires accole-t-on à ces images ?

« J’ai pensé à vous… » : cartes postales et artisanat textile

Publié le Mis à jour le

L’ethnologue Jocelyne Mathieu de la Société des Dix nous entretient de cette carte postale qui rejoint une grande partie de la population comme support de correspondance brève, surtout depuis la multiplication des déplacements et le développement du tourisme.

Des collectionneurs et des chercheurs ont proposé des regroupements de cartes selon les sujets et différents intérêts, dont la catégorie de celles qualifiées parfois de folkloriques, c’est-à-dire présentant des scènes considérées typiques ou représentatives de pratiques dites traditionnelles. Certaines d’entre elles mettent en valeur l’artisanat textile et les costumes.

C’est à cette thématique, associée plus spécifiquement au contexte québécois, voire canadien, que nous nous intéressons dans cette capsule vidéo.

Louis-Joseph Papineau vu par les canadiens anglais

Publié le Mis à jour le

Les représentations de Papineau qui émergent dans le discours politique anglophone des années 1820 et 1830 se construisent à l’aide d’un vocabulaire politique et de dialectiques qui structurent la sphère publique locale, mais qui découlent de multiples traditions discursives observées dans les contextes britanniques, étatsuniens, ainsi qu’ailleurs en Amérique du Nord britannique. Les textes consacrés à Papineau entre 1827 et 1832 tournent sur la question de son aptitude à assumer les fonctions de président de l’Assemblée et de son rôle à la tête d’une cabale politique, que l’on désigne « Papineau faction ».

Les journaux réformistes repoussent ces critiques et leur opposent une représentation de Papineau comme défenseur des droits du « peuple » bas-canadien au sens large du mot. Les attaques des critiques du chef patriote s’intensifient entre 1832 et 1834, alors qu’on insiste particulièrement sur la démagogie du chef patriote. Après 1834, les nombreux textes dédiés à Papineau le personnifient sous les traits d’un révolutionnaire français, parfois même de Robespierre, témoignent de la vigueur de la tradition anti-jacobine au Bas-Canada.

Dans tous les cas, la figure de Papineau vient à incarner certains prototypes bien établis dans l’univers discursif de l’époque que les intervenants brandissent pour susciter la réaction du lecteur en renvoyant des images et des références historiques déjà très familières.

La liberté vaut-elle qu’on verse une goutte de sang pour elle ?

Publié le Mis à jour le

La liberté vaut-elle qu’on verse une goutte de sang pour elle, demandait Daniel O’Connell ? Quel fut le rapport de Papineau à la violence, aux armes, à la prise d’armes ? À partir de ses positions sur le système seigneurial, les relations ethniques, la langue et la religion, l’analyse scrute l’outillage mental à partir duquel le leader patriote pouvait penser la radicalité physique. Les conflits locaux exacerbés étaient-ils recevables, reçus par le Parti patriote et par Papineau ? Dans cette capsule vidéo, l’historien Yvan Lamonde explique les tenants et aboutissants de l’affaire.

© Société des Dix / Réalisation, Pierre Fraser / Production, Photo|Société